5h00 : Ca y est, nous y voilà ! Le grand jour est arrivé. Je n’ai pas beaucoup dormi. J’ai fait le plein d’énergie hier soir : ma petite tribu était réunie, mes amis de toujours venus d’un peu partout sont venus comme à chaque édition passer avec moi la dernière soirée avant le Jour J. Ils n’ont pas pu tous venir, mais je sais qu’ils viendront à l’arrivée !
Toute la maisonnée se réveille, j’enfile la tenue que j’ai prévue pour le départ, je suis déjà en course.
9h00 : Le pression monte, mon équipe a été fantastique comme toujours. Le bateau n’a jamais été aussi propre pour un départ. Je sais qu’ils ont passé la nuit à l’intérieur et que jusqu’à la dernière minute tout a été vérifié pour que je parte l’esprit serein. On ne parle jamais des hommes et des femmes dans l’ombre, mais sans eux, le marin et le bateau n’existeraient pas.
Dee Caffari est la première à quitter le ponton course, la foule l’acclame, je commence le compte à rebours dans ma tête : dans moins de 4 heures, je vais m’élancer accompagné de mes cellules photovoltaïques et mon éolienne autour du monde.
Pour mon quatrième Vendée Globe, je ne vais pas vivre seulement une aventure humaine, mais une aventure technologique.
Le temps passe, il est déjà 9h45, c’est bientôt mon tour de quitter le ponton. Virginie et mon équipe me presse, je dois dire au revoir à tous ceux qui sont venus me voir.
Plus que 5 minutes, je m’isole avec Virginie et les enfants. Ma toute grande craque, ma petite puce ne comprend pas encore ce que signifie cet au revoir, et ma petite femme a les yeux qui brillent. J’essaie de ne pas craquer, je dois rester concentré.
Les officiels et la presse se massent devant « Fondation Océan Vital », mon équipe largue les amarres, je quitte le port des Sables d’Olonne.
La remontée du chenal : 20 minutes d’émotions intenses, il y a beaucoup de spectateurs et une sacré ambiance.
C’est maintenant que les choses sérieuses commencent : l’équipe s’active, il faut hisser la grand voile, régler le bateau car dans un peu plus d’une heure j’ai une ligne de départ à franchir et je n’ai pas l’intention d’être à l’arrière du paquet !
A moins 10 minutes du départ les zodiacs s’approchent du voilier, Les 2 Fred, Nico et Adrien sautent à l’intérieur. Derniers au revoir à mon équipe, me voilà seul à bord de Fondation Océan Vital.
Le compte à rebours démarre, je suis bien placé.
« 5,4,3,2, top départ ! » Je lance le voilier, je suis content, je suis dans le paquet des 10 premiers. Je profite de la situation, parce qu’ils sont tellement plus rapides que moi que bientôt je me retrouverai vraiment seul à faire mon tour !
C’est parti, des copains, mon équipe font un petit bout de chemin avec moi. Je leur fait signe que tout va bien. Rendez-vous en mars 2009.
19h30 : Je suis content, mais cassé. Je n’ai eu aucun problème technique à bord au départ. Depuis, j’ai eu un peu de boulot, mais globalement moins qu’il y a 4 ans ! J’ai eu quelques petites fuites à droite, à gauche que j’ai pu résoudre. Je suis content de mon départ, j’ai tenu la route un bon moment.
Les conditions sont difficiles, on est entrés dans le vif du sujet directement ! Ca va monter, monter, monter…jusqu’à 45 – 45 nœuds annoncés pour demain.
J’y retourne !