Le 2 janvier – 21h30 :
J’ai passé une nuit terrible au milieu de grains. La nuit a été assez rythmée ! J’ai des soucis de pilote automatique : il n’arrête pas de sauter. Chaque fois que je pars en manœuvre, je n’ai pas confiance, j’ai peur qu’il me claque dans les pattes …
Je suis par 51°16. Il fait super froid. Le passage de la prochaine porte est prévu dans environ 24 heures. Il faudra être prudent parce que des icebergs ont été signalés.
J’empanne dans une heure. Le vent s’est levé, ça avance !
Le 3 janvier – 8h30 :
J’ai passé une très bonne journée. J’ai barré 2 heures ce matin et une heure ce soir. Je suis sous 2 ris – solent, le temps est dégagé, ce qui m’a permis de charger les batteries à 80%.
Je me demandais pourquoi le pilote n’arrêtait pas de sauter, et je viens de réaliser que c’était probablement dû à la déclinaison énergétique. A présent, le pilote a l’air de se comporter nettement mieux.
Le voilier Fondation Océan Vital subit les perturbations magnétiques provoquées par la proximité du pôle magnétique. Le pôle sud magnétique n’est pas superposé avec le pôle sud géographique, et l’aiguille aimantée du compas n’est plus attirée aussi fortement pas le nord.
Les informations transmises par le compas au pilote deviennent très difficiles à gérer par celui-ci, ce qui le fait « décrocher ». Raphaël en fait l’expérience depuis 2 jours.
J’ai fait des surfs à 14/15 nœuds et ce soir, à 11/12 nœuds.
Demain les vents vont tourner nord ouest. Je devrai me positionner sur la porte de manière à ne pas me retrouver en fuite sur les icebergs.
20h30 :
J’ai eu 2 grains à 40 nœuds cette nuit ! Je me bats pour ne pas me faire piéger par la dépression, passer la ligne de la porte et vite remonter. Dans environ 20 heures, je vais me retrouver au cœur de la dépression. Je suis par 51°39 : il faut que j’aille à 52° et ensuite je pourrai remonter.
Là, c’est sport ! C’est chaud et ça va être encore méchant !
Le 4 janvier – 8h30 :
J’ai eu une molle en milieu d’après-midi c’est remonté. Le temps est exécrable : crachin, froid… je ne suis pas heureux lorsque je dois aller manœuvrer ! Je n’arrive pas à avancer dans les molles, et j’ai vu que Norbert avait pris des miles devant moi.
La nuit prochaine, ça va ronfler méchant. Cependant, les fichiers ne sont pas toujours très fiables : Lorsqu’ils affichent 25 nœuds, j’en ai 30, et lorsqu’ils en annoncent 40, j’en ai 60 !! Et quand ça rente, ça ne prévient pas ! La nuit va être tendue …
19h00 :
J’étais sous 3 ris cette nuit et on m’annonce 55 nœuds dans la journée… ça va être chaud ! Le baromètre a drôlement chuté. C’est même la première fois qu’il est aussi bas.
Le 5 janvier – 10h15 :
Ça tape dur ! Je suis sous 3 ris trinquette, et la mer est défoncée. J’ai actuellement 35 nœuds de vent, mais ça change tout le temps.
Je peux avoir 22 nœuds de vent puis 35 nœuds un quart d’heure plus tard.
La nuit arrive, je pars à 16 nœuds au surf et juste avant, j’étais au tapis. Je ne sais plus quoi faire. J’ai peur de casser : c’est ce qui est arrivé à Mike Golding. Il mettait de la toile se croyant à l’abri et il a été surpris par une grosse rafale. Trop toilé, le mât a cédé…
Ils annonçaient 55 nœuds, j’en ai 20 de moins… Je toile, je toile pas ?
That is the question …