Le 5 janvier – 21h00 :
Le bateau a sauté sur une vague, il a décollé et est retombé violement. J’ai eu peur, j’ai senti toutes les structures du bateau bouger. Suite à cela, mon anémomètre n’affichait plus rien. J’ai commencé à flipper et puis en fait en vérifiant l’appareil, il ne s’agissait que d’un mauvais contact sans doute dû à ma partie de saute mouton !
En résumé, la nuit n’a pas été cool. D’ailleurs je vais me recoucher parce la nuit a été très intense et je n’ai pas beaucoup dormi.
Le baro est toujours très très bas….
Le 6 janvier – 10h00 :
Je viens de vivre une nouvelle journée chaotique. Ça a mollit doucement avant de reprendre de plus belle. C’est la première fois que je me retrouve bon dernier, et j’avoue que ça me met le moral dans les chaussettes.
J’ai encore 30 nœuds de vent. J’ai eu des grains de 20 à 30/35 nœuds. La mer est énorme, elle mollit tout doucement. Je suis 2 ris trinquette.
Je vais étudier le passage de la porte de la Nouvelle Zélande qui s’annonce délicat. Je vais voir ce qu’annonce la météo.
16h00 :
Le vent a repris. Je fais des surfs à 22 nœuds. Le bateau par à l’abattée, la trinquette claque en permanence : impossible de dormir. Les fichiers météo annoncent 5 à 6 jours de temps très calme, alors pour rejoindre la porte de la Nouvelle Zélande, ça va être rudement long.
Le 7 janvier – 10h00 :
J’ai une belle journée, et de bonnes conditions de navigation. Le soleil est au rendez-vous, j’ai pu charger les batteries à 83 %.
J’ai eu du mal à prendre cette décision, mais je ne m’arrêterai pas à Steward.
J’ai évidemment besoin de réparer ma drisse de grand-voile. Tant que je n’aurai pas réglé ce problème, je naviguerai sous toilé, et à ce rythme, je ne suis pas arrivé aux Sables d’Olonne ! Je me traine … Seulement si je m’arrête à Steward, je vais encore perdre du temps sur Norbert, et devrai traverser le Pacifique seul… En cas de pépin, je n’aurai personne à proximité pour me venir en aide.
Si je décide de m’arrêter après le Cap Horn, peu importe le retard que je prendrai sur Norbert, en cas de pépin, les côtes sont à proximité et les secours avec. J’espère juste que la drisse voudra bien tenir jusque là !!
Donc c’est décidé, Virginie et moi en avons beaucoup discuté, nous miserons sur la sécurité. En plus, le chavirage de Jean Le Cam ne m’a pas laissé indifférent et prouve que l’intervention d’un concurrent à proximité est plus rapide que l’arrivée des secours. Jean aurait été obligé d’attendre une dizaine d’heures de plus dans son bateau retourné si Vincent n’était pas arrivé, et dans ces conditions chaque minute compte.