Le 29 janvier 12h00 :
Le jour se lève. Hier, dans la nuit, j’étais encore dans une zo ne à grain. J’ai passé 2 bonnes heures sur le pont pour voir si le vent mollissait. J’ai fini par mettre 3 ris trinquette, je me suis fait rincer par les vagues qui passaient par-dessus le pont. Il ne me reste plus beaucoup de ciré sec. Vivement le chaud que je fasse sécher tout cela !
Ca mollit, ça monte et c’est tout le temps changeant. Il faut être en permanence sur le pont pour les réglages.
Donc pour résumer ma nuit : réglages et gérer les grains.
Sinon, j’ai bien marché cette nuit si ce n’est que le vent est tombé à 15 nœud avec des vagues immenses. Là, pendant que je te parle, le bateau est couché avec 30 nœuds. Il faut que je remette les cirés et que j’aille choquer… Même pas le temps de manger !
Tu te rends compte que le temps de te parler, le vent a pris 30° et que je viens de passer de 30 à 10 nœuds ! Là, à l’instant !!
21h00 :
Le soleil est revenu, et j’ai moins de grains. J’ai appris pour Bilou. Il n’a vraiment pas de chance. Déjà il y a 4 ans il avait été contraint à l’abandon, il mériterait de terminer son globe, d’autant qu’il a fait une belle course jusque là.
Le 30 janvier 13h00 :
J’ai bien avancé, j’ai remis de la toile. J’ai peur de ne pas pouvoir passer le Horn avant la bascule et de rester 48 heures dans la pétole. Je cravache pourtant ! Je suis si prêt du but…
20h00 :
J’ai grain sur grain… Les bastaques se sont coincées. Bonjour la journée !Je suis cassé. La mer est difficile à gérer, la bateau partait sur le tas…. Il faut être en permanence sur le pont. Il n’y a pas de soleil, j’ai l’impression qu’il fait nuit. J’ai fermé la porte, je suis calé dans la bannette les yeux rivés sur les instruments.
Je suis en plein après-midi, mais j’avoue qu’une petite sieste me ferait le plus grand bien.
Le 31 janvier 12h00 :
Je m’accroche, l’anticyclone est juste derrière moi. Si tout se passe bien, je passerai le Horn au levé du soleil. Mais pour cela, il va falloir que je cravache ! Il ne faudra pas non plus raser les cailloux, parce que les courants sont très forts sur cette zone et on peut se faire ramasser comme un rien.
Derrière, ça mollit grave !
21h00 :
Je fais mon maximum pour avancer. Je vais de voir empanner avant la nuit. Après, ça mollira….