Le 3 février 12h20 :
J’avance pas mal. Je me trouve à 210 miles des Malouines. Si tout se
passe bien, j’y serai en fin de journée demain. L’idée, c’est d’arriver avant la nuit pour
mouiller.

19h00 :
Je suis crevé, je n’ai pas cessé de manoeuvrer sur le pont. Je suis content, je suis
en avance sur mon programme.
Je devrais atteindre les Malouines demain matin. Comme cela j’aurai la journée pour bricoler et pourrai repartir peinard avent la tombée de la nuit. Ca me plaît bien comme programme !

Le 4 février 10h00 :
Je suis retardé à cause d’une molle. Je suis au près, je tire des bords
sur la côte. Je devrai arriver entre 11 et 12 heures locales à Port William.
J’ai bien mangé, j’ai essayé de me reposer. Il faut que je prenne des forces avant de monter
là-haut !
L’île est vachement grande ! Je n’aurai pas imaginé qu’elle puisse être aussi grande. Il y a
beaucoup de clapot. Je vais arriver vent debout, ça va être chaud !! Il va falloir tirer des
bords dans le goulet… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?!

16h50 :
Ca y est, je suis au mouillage ! Ca n’a pas été simple, il a bien fallu 5 minutes et
plus avant que l’ancre n’accroche. J’ai 13 mètres de fond, c’est impeccable !
Je vais manger, et m’accorder une petite sieste avant de monter dans le mât. J’ai encore 15
noeuds de vent, mais ça mollit.
J’ai prévenu Douglas de mon arrivée, et avec l’accord du comité de course, je vais recevoir
une assistance médicale. Je n’ai plus depuis plusieurs semaines de médicaments pour soigner plusieurs tendinites bien installées. Je serai heureux d’avoir ce supplément de médicaments
pour les prochaines semaines de navigation qu’il me reste pour boucler la boucle !

17h20 :
L’opération a échoué ! Je pense que j’avais du accrocher un banc d’algues. J’ai vu
que le bateau continuait à dériver. J’ai été contraint de couper le câble, je m’approchais
dangereusement des cailloux. Je suis en vitesse réduite. Les affaires maritimes sont à 5
minutes de ma position pour me transférer les médicaments. Je suis déçu…

21h30 :
Je me réveille. J’étais trempé, en nage… J’ai bien dormi, j’ai fait une bonne toilette,
du rangement. Il faut que je me remette dans la navigation.
J’avais tout préparé pour bosser… J’étais super bien quand je t’ai appelé…
Ca dérivait à 0,9 noeuds, 1 noeuds . C’est en regardant mon GPS que j’ai compris que je
dérivais. Il a fallu prendre une décision rapide : j’ai coupé le câble, sans quoi c’était les cailloux
! Dans les 5 minutes qui ont suivies, j’ai pu avoir les médicaments. L’équipage des affaires
maritimes m’a accompagné jusqu’à la sortie du goulet, c’était sympa !
J’ai jeté un dernier regard sur l’île derrière moi : il y avait un front noir, énorme ! Si ça tombe,
à 10 minutes près je me serais retrouvé dedans et là, il n’y a pas photo, j’étais bon pour
une valse dans les cailloux ! Comme quoi ...